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Autosuggestion : Teddy Riner l’a appliqué !

 
 
 
 

Vous ne lirez pas dans cet article tout le bien que nous pensons de Teddy Riner. Les autres médias s’en chargeront. Que dire de plus que ce qu’il a accompli à 23 ans, est énorme, phénoménal et grandiose…

 
 

Parcours de Teddy Riner

 

5 titres de Champion du Monde, 2 d’Europe, 1 médaille de bronze avant la médaille d’or Olympique de ce 3 Août 2012. Avantagé physiquement, 2,03m pour 130 kg, Teddy Riner a néanmoins travaillé dur ces dernières années et ne s’est pas endormi sur ses lauriers. Il a bossé physiquement, techniquement et mentalement pour parvenir à remporter ces Jeux Olympiques Londres 2012. Ce travail lui a permis de gérer tactiquement chacun de ses combats et d’avoir cette maîtrise nécessaire pour éviter les pièges de cette compétition pas comme les autres. Teddy Riner l’avouera, « Ce n’était pas évident. Les Jeux n’ont rien à voir avec un championnat du monde ou d’Europe ou n’importe quelle compétition. Aux Jeux, tout le monde est prêt à tout. »

Sa préparation, ces JO, cette journée ont dû être un véritable combat mental pour aller chercher ce titre Olympique. Il lâchera « Quatre ans, c’est long, c’est dur… J’ai bossé comme un dingue. C’est un soulagement, oui. Je sens mes épaules plus fluides (sourire). Mais je suis fatigué… » La preuve de cette fatigue, elle est sur la photo de ce billet. Observez ses yeux et voyez le Sanpaku du bas de son oeil droit (terme synergologique pour décrire le blanc de l’œil situé entre la paupière inférieur et l’iris). C’est un item émotionnel inconscient qui dévoile un surmenage cognitif.

Ce n’est pas étonnant, contrôler et gérer ses pensées pour générer les bonnes émotions dans ce rôle, pour cette mission et devant toute cette attente ont dû être terrible… Il était favori, personne ne le voyait perdre et cette médaille lui était promise mais ce n’est pas aussi facile de s’en persuader et en même temps pas trop bon de l’être finalement ! Les pensées remplies de doute sont les meilleures ennemies à ce jeu là : « Toutes les nuits, j’avais du mal à dormir. Le doc me donnait des cachetons et il me faisait des massages crâniens pour me faire dormir. C’était compliqué. Cette nuit, j’étais levé à 3h30 et la veille à 2h30. Tu ne dors pas car tu te fais les combats. Je me suis imaginé le premier tour, je ne voulais pas perdre au premier tour. Je me disais si je glisse, si je ressors de l’attaque et qu’il me fait ça… »

Teddy Riner, lui, le savait. Il savait qu’il fallait arriver à trouver le juste équilibre entre sérénité et confiance sans excès. Il savait que ce ne sont pas toujours les plus grands, les plus rapides et les plus forts qui gagnent. Celui qui tôt ou tard remporte la victoire, c’est celui qui sait qu’il en est capable. Et on n’est pas le meilleur quand on le croit mais quand on le sait. Pour cela, malgré toutes ses victoires, tous ses titres et la manière dont il a terrasé ses adversaires ces dernières années, le colosse a dû s’employer pour résister à la pression et retourner l’envie de remporter cette médaille d’or en sa faveur dans cette finale des Jeux Olympiques Londres 2012. Il a utilisé presque parfaitement l’autosuggestion, le conditionnement. « Toute la journée, je me répétais toujours le même message : c’est à moi, c’est ma journée, c’est ma médaille et ne te laisse pas piquer ton beefteack. »

Son conditionnement était presque parfait car la dernière phrase est formulée à la négation et la seule image que l’on voit c’est celle de se faire voler son beefteack justement. Avec des techniques mentales appropriées, on peut faire mieux comme conditionnement, mais il faut croire que celle-ci l’a aidé car il a passé tout son temps à la refuser, ce qui lui a donné un certain niveau de vigilence, un équilibre émotionnel et lui a permis d’assurer une victoire qui ne pouvait pas lui échapper.

 
 

Pourquoi les autosuggestions marchent ?

 

Quand vous créez et pratiquez des autosuggestions, vous finissez par oublier la façon dont les autres vous voient. Votre cerveau intègre et valide ce que vous lui suggérez par répétition. C’est une méthode facile à pratiquer, qui ne requiert aucun outil ou environnement particulier. Plus vous répéterez vos phrases d’autosuggestion, plus vos attitudes seront en phase avec elles et plus vite vous obtiendrez des résultats.

 

autosuggestion

 

Avez-vous vu les deux judokas avant de rentrer sur la tatami pour la finale ? Avez-vous vu Teddy bouger son corps au rythme de ses mouvements de lèvres ? Il devait certainement se réciter ce qu’il a confié aux journalistes et son entrée à l’annonce était volontaire et déterminée. Il s’était tellement autosuggéré de ne pas se faire « voler son beefteack », qu’au moment où le Russe tente de lui serrer la main avant de débuter le combat, ce qui ressemblait plutôt à une tentative de destabilisation après les propos tenus à l’encontre de Teddy, il n’a pas acccepté le geste de son adversaire.

 
 

Voici 3 conseils pour formuler vos autosuggestions :

 

1 – Les autosuggestions doivent toujours être pensées, prononcées, rédigées au PRESENT, et non comme des objectifs à atteindre dans le futur. En commençant vos phrases par « je serai », vous laissez la place au doute.

2 – Pour être efficaces, les autosuggestions doivent être formulées à la première personne « JE ».

3 – Les autosuggestions doivent être positives. Elles ne doivent jamais contenir des phrases à connotation négative telles que : « Je ne peux pas », « je ne vais pas », « je ne mérite pas », etc…

 
 

Respectez ces 3 conseils et créez vos propres phrases d’autosuggestion que vous répéterez plusieurs fois par jour. Vous démarrerez aussitôt le processus de « changement » de votre esprit qui finira par croire aux mots que vous répétez. Ainsi vous adopterez les comportements adaptés vos autosuggestions.

 

Avec passion,

 

Yohann Duclos

 

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